segunda-feira, 22 de janeiro de 2018

MARCO MARIL (APENINO): "O de Fluzo vai camiño de ser un disco de culto”

Marco Maril é un convite sempre a abrir os oídos. Xa fose naqueles 90 de velocidade e urxencia (Fulsomes) como cando nos convidou ao pop experimental e elegante (Dar Ful Ful).  Un bo facer que mantén no seu actual proxecto, Apenino, facturando un pop electrónico e intimista que en 2014 regalou toda unha pequena xoia para a música en galego, ‘Viravolta’.

Un artigo de X.M.PIÑEIRO 

“É un disco que dentro duns anos terá un recoñecemento moi grande, vai ser un disco de culto”. Marco Maril non oculta o seu querer e admiración por Fluzo, o proxecto de Hevi (Malandrómeda, Non Residentz) e Javier Álvarez (entre moitas outras cousas, co-responsábel do ‘Sr. Anido & Sra. Álvarez’) que en 2010 gravou un traballo imprescindíbel. “Nese disco hai unha mistura de moitas cousas: hip hop, rock, cultura popular...” argumenta Marco Maril para Álbums de Aquí e de Acolá. “Colleron en certo xeito o relevo dos Resentidos e levárono un paso máis alá”. 
Fluzo
Destaca o músico compostelán residente en Vigo a forza dos seus veciños da capital galega. “As referencias, a forma de empregar o galego... É un disco punk, un disco hip hop, é un disco que o ten todo”, subliña, ao tempo que recoñece que “a primeira vez que o escoitei flipei”. 
Preguntado por un disco internacional, Marco Maril sinala todo un clásico, ‘Velvet Undergrond & Nico’ (1967), o célebre ‘Banana Cover’. “É un grupo e sobre todo neste disco que é unha referencia que logo se empregou para construír a maior parte das cousas que me molan ou inflúen”. 
11 temas e 48 minutos nos que se condensa un tratado seminal do rock sen o que non se poden entender o que foi e o que pasou musicalmente nestas cinco décadas. O disco de debut máis influínte da historia do rock. Na súa saída non foi ningún éxito comercial, apenas vendeu mais do que se di que todas aquelas persoas que o mercaron acabaron montando un grupo.
Velvet_Underground_and_Nico

“Se grupos como Sonic Youth existiron foi en 90% porque houbo Velvet”, afirma Apenino ao tempo que destaca que a influencia da escuadra de Lou Reed e John Cale estendeuse moito máis alá que nos grupos de guitarras e ruído e callou tamén noutras latitudes musicais, como nas que navegaban coetáneos como David Bowie.



[Fonte: www.sermosgaliza.gal]

Barcelona recordarà les víctimes de l'Holocaust amb un mural i una conferència del director del Memorial d'Auschwitz

Les activitats tindran lloc entre el 23 i 25 de gener i estan organitzades per l'Observatori Europeu de Memòries de la Fundació Solidaritat de la Universitat de Barcelona (EUROM)



El pròxim 27 de gener es commemora arreu del món el Dia Internacional per les Víctimes de l'Holocaust. Barcelona se suma a aquest recordatori organitzant diverses activitats coordinades per l'Observatori Europeu de Memòries de la Fundació Solidaritat de la UB (EUROM). Entre aquestes, un gran mural que es crearà a la Plaça del Rei els dies 23 i 25 de la mà de l'artista urbà Roc Blackblock amb la col·laboració d'estudiants de l'Institut Moisès Broggi. Un mural inspirat en la novel·la gràfica 'Maus', d'Art Spiegelman i que posteriorment s'exposarà al Museu d'Història de Barcelona (MUHBA). El museu acollirà també, el 24 de gener a les set de la tarda, una conferència a càrrec del director del Museu i Memorial d'Auschwitz-Birkenau, Piotr Cywiński, xerrada que anirà seguida d'un debat.
Promogudes pel Comissionat de Programes de Memòria de l'Ajuntament en col·laboració amb el Museu d'Història de Barcelona, les propostes de l'EUROM emfatitzen, tal com apunta en un comunicat l'Ajuntament de Barcelona "la responsabilitat compartida i la importància de l'educació sobre el genocidi per fomentar el rebuig a totes les formes de discriminació, violència i antisemitisme".

La creació del mural està inspirada per la novel·la gràfica 'Maus', d'Art Spiegelman, "un referent de l'art com a vehicle per a la recuperació de la memòria històrica i col·lectiva", en paraules de l'artista. La proposta parteix d'una barreja d'elements icònics, artístics, testimonials, documentals i evocatius de la multiplicitat de víctimes del genocidi amb la preocupació de transmetre la memòria de l'Holocaust a les noves generacions.

El projecte està dirigit per Jordi Guixé, director de l'EUROM, i comissariat per Núria Ricart, professora de la Facultat de Belles Arts de la Universitat de Barcelona. 

Conferència del director del Museu i Memorial d'Auschwitz-Birkenau

Un altre dels actes destacats de la programació és la conferència 'Auschwitz: entre la memòria i la responsabilitat', que impartirà el director del Museu i Memorial d'Auschwitz-Birkenau, Piotr Cywiński. 

Doctor en humanitats i historiador medieval, Cywiński és també president i cofundador de la Fundació Auschwitz-Birkenau i té una llarga trajectòria en l'educació sobre l'Holocaust. Entre els anys 2005 i 2014 va exercir de vicepresident del Consell del Centre Internacional d'Educació sobre Auschwitz i l'Holocaust.

La conferència se celebrarà el pròxim 24 de gener a les set de la tarda a la Sala Martí l'Humà del MUHBA i serà seguida de debat. L'assistència és gratuïta, però es recomana inscripció prèvia. 


El Dia Internacional en Memòria de les Víctimes de l'Holocaust es commemora cada 27 de gener, coincidint amb la data de l'alliberament del camp de concentració nazi d'Auschwitz-Birkenau l'any 1945. La commemoració de l'efemèride la va establir al 2005 l'Assemblea de les Nacions Unides. 


[Font: www.racocatala.cat]




Le rap doit-il rester un truc de jeunes?

Les rappeurs stars sont nombreux à professer que leur musique est faite pour les moins de 35 ans. Moi-même, avec la quarantaine approchant, les sentiments pour ce vieil amour se sont étiolés. Les retrouvailles avec un ami de vingt ans m'ont pourtant fait changer d'avis.
En concert | Mathys Cresson via Flickr CC License by
Écrit par Michael Atlan 
J’ai rencontré Landry à la rentrée de première. Lui comme moi ne connaissions personne, moi pour avoir redoublé ma seconde, lui pour arriver d’un autre lycée. J’avais passé l’été précédent à Los Angeles et, ce jour-là, je portais une casquette «Long Beach». Alors, de loin, il a crié «Long Beach» comme un signe de ralliement.
Cette casquette, qui aurait pu n’être que le simple vestige malavisé de vacances californiennes, signifiait pour lui que j’écoutais du rap. Il aurait pu se tromper. En 1995, dans un lycée de province, écouter du rap n’était pas quelque chose d’ordinaire.

Le rap, ma vie, ma drogue

Il ne s’était pas trompé. Dans son esprit comme dans le mien, le sigle sur ma tête marquait notre identification commune à Snoop Dogg, Warren G ou au Dogg Pound, tous originaires de la ville portuaire du sud de Los Angeles.
Ce sigle, il était répété à foison dans The ChronicDoggystyle ou Regulate... G Funk Era, des albums que j’écoutais alors en boucle.
Grâce à lui, nous nous étions trouvés. Les discussions infinies sur ces albums –et bien d’autres– scelleront notre amitié. Elle rentrera dans la légende le jour où nous déciderons de créer un groupe de rap pour, à notre tour, adolescents rebelles de classe moyenne, devenir les nouveaux Dr Dre et Snoop Doggy Dogg.
À cette époque, le rap, c’est ma vie, ma drogue. J’en avais dans les oreilles en permanence. Dans mon walkman entre chaque cours au lycée ou dans ma stéréo pendant les devoirs. Nous sommes au milieu des années 1990, le genre vit son âge d’or. Les classiques s'enchaînaient dans les bacs et tout mon argent de poche y passait. J’étais jeune, naïf et passais des heures dans ma chambre à écrire des textes et d’autres à m’entraîner à les rapper sur des instrus de Mobb DeepRaekwon ou Royal Flush.
Pourtant, vingt ans plus tard, alors que je viens de fêter mes 39 ans, le rap est très loin d’avoir l’importance qu’il avait autrefois dans ma vie. J’ai depuis longtemps résilié mon abonnement à The Source, je ne visite (presque) jamais de sites spécialisés et le seul rap que j’écoute beaucoup et régulièrement est celui de mon adolescence et des premières années de ma vie d’adulte. Il peut m’arriver de m'enthousiasmer pour des jeunes rappeurs comme Vince Staples ou Joey Bada$$, mais l’opportunité a, depuis longtemps, pris la place de l’assiduité. 
«Mieux avant»

Depuis que j’ai passé la trentaine, je suis rentré dans cette catégorie de gens avec un loyer et des impôts à payer qui, dans un moment de faiblesse, peuvent dire des choses comme «le rap c’était mieux avant» et «tous ces petits jeunes n’ont aucune culture et auraient du rester un peu plus longtemps à l’école» quand ils tombent, au détour d’une playlist Spotify, sur des punchlines comme «T'as beau faire du MMA / Nous, c'est zéro blabla / Zéro tracas comme MMA» ou «Déterminé j'tire pas sur les pigeons / J'te monte au nez #moutarde de Dijon»

Quand j’entends ces phrases peu inspirées, les sons trap de Kaaris et Gradur ou les flows chantés et auto-tunés de PNL et Niska, je ne suis pas loin, finalement, d’être devenu mon père qui me disait, il y a vingt ans –en ouvrant la porte de ma chambre avec les enceintes crachant «Shook Ones Pt.II» ou «Bring The Pain»–, ne rien comprendre au «boum boum» de cette musique «répétitive» «où tout se ressemble».
J'étais atteint du syndrome décrit par Chris Rock dans son mythique sketch sur le rap:
«Vous savez, j’ai 39 ans maintenant. Et j’adore toujours autant le rap. J’adore le rap. Mais je suis fatigué de le défendre. Parce que vous devez le défendre. Les gens disent toujours: “ce n’est pas de la musique, ce n’est pas de l’art, c’est de la merde! Comment tu peux écouter cette merde?” Et à l’époque, c’était facile de défendre le rap. C’était facile de le défendre à un niveau intellectuel. Vous pouviez expliquer, intellectuellement, pourquoi Grandmaster Flash était de l’art, pourquoi Run DMC était de l’art, pourquoi Whodini était de l’art. Et j’adore tous ces rappeurs d’aujourd’hui, mais c’est difficile de défendre cette merde. C’est dur. “I got hoes in different area codes” [“j'ai des salopes dans tous les départements”, punchline d'un titre de Ludacris, ndlr], c’est difficile à défendre.»
Je ne m’identifiais plus à Riggs qui voulait tout faire péter dans L’Arme Fatale. Je m’identifiais au «trop vieux pour ces conneries» Murtaugh.

Retraite à 35 ans

Je devais peut-être me faire une raison: le rap était une musique de jeunes pour les jeunes. Et je ne l’étais plus. Un fait que les rappeurs eux-mêmes ont intégré. En 2012, alors qu’il était âgé de 26 ans, Drake avouait par exemple dans une interview à i-D qu’il ne pensait pas continuer à rapper après 35 ans.
«Je ne sais même pas si je continuerai à faire du rap. Je ne sais pas combien de temps j’ai envie de faire du rap. Il y a des artistes qui ont plus de 35 ans et qui font toujours du rap et ça marche pour eux, mais je ne sais pas si je suis cette personne. Une grande partie de ma musique parle d’être jeune et je ne sais pas si je serai capable de continuer à faire ça à cet âge. Peut-être que je ferai du cinéma. Mon plan est de faire de la musique aussi longtemps que je peux. Jusqu’à ce que l’histoire de Drake arrête d’avoir l’impact qu’elle a pu avoir. Et à ce moment là, je trouverai ma voie ailleurs.»
Même son de cloche chez le jeune rappeur d’Atlanta, Young Thug, qui disait à GQ en 2015 qu’il «ne voulait pas rapper pour toujours».
«Je ne veux pas être un mec de 50 ans qui rappe. Je suis à peu près sûr que personne ne veut ça. Je suis à peu près sûr que Jay-Z ne veut pas rapper en ce moment. Si tu as 30 ou 40 ans, tu n’es pas écouté par les mineurs. C’est vrai que Jay-Z a les paroles les plus dingues jamais écrites, mais jamais je n’achèterai ses CDs. Juste à cause de mon âge et de son âge. Quand je serais aussi vieux, je ne ferai pas ce qu’il fait.»
D’ailleurs, Jay-Z lui-même avait annoncé, quelques mois avant ses 35 ans, qu’il renonçait au rap et prenait sa retraite après la sortie de son huitième album, The Black AlbumIl est depuis revenu sur sa promesse avec cinq albums supplémentaires.

Jay-Z, le rappeur devenu hommes d'affaires

Mais la musique est-elle encore vraiment ce à quoi on pense en évoquant le rappeur de Brooklyn? À 47 ans, il rappe sur la paternité, la fidélité et l’importance de la stabilité financière –«You wanna know what's more important than throwin' away money at a strip club? Credit» («Vous voulez savoir ce qu'il y a de plus important que de claquer de l'argent dans un strip club? Un solde créditeur»), dit-il dans la chanson «The Story of O.J.».
Pas forcément le genre de choses qu’on a envie d’entendre quand on a 15 ans et que la seule chose qui nous intéresse vraiment est de ne SURTOUT rien faire comme ses parents.
Quant à mon moi de 39 ans qui galère avec ses factures, il n'a pas forcément envie non plus d’entendre la crise de la cinquantaine d’un milliardaire qui raconte à quel point il est désolé d’avoir trompé une des femmes les plus belles et admirées au monde.
Le rappeur est devenu un homme d’affaires. Il s’est reconverti. Il passe derrière le micro régulièrement, mais il le fait pour entretenir une flamme qui ne doit sa vivacité qu’à la grâce d’une vie maritale très médiatique et d’un empire financier qui couvre des domaines aussi variés que le streaming musical, le champagne, les cigares, les jets privés, les bars sportifs, le management ou l’immobilier.
D’ailleurs, quand il annonce en fanfare que son dernier album 4:44 est certifié double disque de platine en cinq jours aux États-Unis, c’est en fait uniquement à la faveur d’un deal avec un opérateur téléphonique (gros actionnaire de Tidal, sa société de streaming), qui a offert l’album à ses millions de clients.
Et on pourrait écrire plus ou moins la même chose de Dr. Dre, qui n’est pas devenu le premier rappeur milliardaire grâce aux ventes de son très attendu troisième album mais par la vente à Apple de sa marque d’écouteurs.
Comme l’écrivait Boris Bastide sur Slate.fr à la sortie de l’album:
«Il y a encore quelques temps, une telle sortie aurait été l'événement hip-hop de l'année. Aujourd'hui, elle tient plus du miracle inespéré. [...] Si Compton est une vraie réussite, il ouvre peu de portes. En tout cas, on peine à lui imaginer une riche descendance. En seize ans, un changement de perspective s'est opéré. Plutôt que de regarder vers le futur (2001 est sorti en 1999, souvenez-vous), Dr. Dre a commencé à se retourner vers son passé.»

Reconversions en série

Avec l’âge, ces rappeurs que j’ai tant écoutés adolescent se diversifient et ne pensent plus le rap comme une nécessité. Malgré la musique qui continue à sortir plus ou moins régulièrement, ils sont passés à autre chose.
Ainsi, peu importe qu’il soit resté vivre dans son quartier de Staten Island, Method Man, 46 ans, fait désormais plus parler de lui comme acteur de la série The Deuce que comme membre du Wu-Tang Clan, laissant baggies et Timberland au vestiaire pour apparaître dans les talk-shows.
LL Cool J est, lui, à 50 ans, l’animateur de l’émission Lip Sync Battle, en plus d’être le héros de la série NCIS: Los Angeles depuis 2009. The Roots ambiancent le plateau du Tonight Show de Jimmy Fallon, tous les soirs sur NBC. Quant à Ice T, dix ans après avoir fait la une de tous les médias pour sa chanson scandale «Cop Killer», il se mettait à jouer un flic dans la série New York Unité Spéciale, un rôle qu’il joue depuis presque vingt ans.
Un destin pas si éloigné de Joey Starr –qui le doublait en VF dans New Jack City–, nommé aux César en 2012 pour son rôle de flic sensible dans Polisse.
Le rap français n’échappe en effet pas à la règle. Quand il y a, pour les plus médiatiques, des possibilités de se recaser en télé-réalité (La Fouine et Youssoupha dans Popstars, JoeyStarr dans Nouvelle Star et 60 Jours, 60 Nuits), au cinéma (Stomy Bugsy, Doudou Masta…), dans la littérature (MC Jean Gab’1), la loi (Cochise) ou le poker (Kool Shen), c’est souvent la retraite plus ou moins forcée qui attend la plupart des rappeurs, à l’image de Sinik reconverti dans le tatouage ou Fabe dans la religion.

Un acharnement de vingt ans

Landry, lui, n’a jamais abandonné. Quand j’ai réalisé –très rapidement– qu’on ne pouvait pas s’improviser rappeur, que cela nécessitait une technique et un talent que je n’avais pas, Landry a continué. La technique et le talent, il les avait. Il les a eus immédiatement. Sans beaucoup de travail. Ce que je pouvais apporter sur les pages d’un cahier, lui, il pouvait l’apporter au micro. Il fallait désormais l’appeler Freez.
À 20 ans, il fait ainsi partie de la Baraka, un groupe de 8 MCs que les plus assidus reconnaîtront au célèbre refrain «Baraka quoi quoi!». Il passe d’open mic en open mic, où il rencontre un autre rappeur, Emoaine, avec qui il forme le groupe Stamina au milieu des années 2000. Suivront une apparition sur la compilation Appelle-moi MC en 2010 et deux albums, Les Règles de l’art en 2011 et Prison(s) de verre en 2013. Tout, de la musique jusqu’aux visuels, est alors fait en artisanal, avec les amis et les moyens du bord.
«Les Oursins Productions, ça vient du fait qu’on n’a vraiment pas de thune! C’est avec notre statut associatif qu'on organise nos concerts. Cet album est en total indépendant, contrairement au premier qui était en coproduction. C’est vraiment un album artisanal, familial. Il n’y a pas de placement de noms de middle vague ou old school, pas la sensation des six derniers mois en featuring»disaient-ils au Bon Son, en 2013.

Pendant vingt ans, le succès n’a jamais frappé à la porte. Il n’a jamais signé en major et n’est jamais passé sur Skyrock. Et pourtant, malgré la trentaine largement dépassée, il continue, inlassablement, et vient de se lancer dans la plus ambitieuse et dangereuse des aventures musicales, celle de la carrière solo.

Atouts de l'expérience

À 37 ans, il vient ainsi de sortir son premier EP, le magnifiquement produit Les Minutes Vides. Difficile d’imaginer ce futur, à 15 ans, quand on échangeait dans la cour de notre lycée sur ce qu’on avait écrit et qu’on luttait pour sortir de l’ordinateur familial sous Windows 95 un son qui ne ressemblerait pas à un groupe de reprises de Kraftwerk en fin de vie.
Car là où j’ai toujours vu mon âge comme un frein –voire un rempart– à mon amour du rap, lui le voit plus comme un atout, une façon de se singulariser, de faire valoir son expérience et son savoir, comme il me le racontait récemment:
«Je fais une radio à Montreuil. Généralement, les mecs ne savent pas que j’ai 37 balais. Ça ne se voit pas forcément. Je pensais faire une interview sur mon truc, mais en fait il y avait plein de monde dans la pièce, plein de jeunes. L’animateur me dit alors de venir au micro. Je rappe et il y a deux-trois mecs, un groupe de Montreuil –ils devaient avoir genre 21 ans–, qui me disent après: “mais t’as quel âge, gros, en fait?” Je leur dis que j’ai 37 piges et il me font: “ah ouais, parce que je te vois arriver tout à l’heure et tout et je t’ai entendu parler et c’était pas le même délire. On dirait qu'il est plus vieux.” Il y a cette singularité qui se dégage dans la façon dont tu parles, dont t’écris. J’espère juste qu’ils ne se sont pas dit que quand je rappe, c’est “à l’ancienne”!»
Le rap est un art qui ne s’improvise pas. Si on l’a souvent comparé au punk pour les moyens limités que sa pratique nécessitait, il n’a jamais été question de ne savoir jouer que trois accords sur une guitare (le fameux «This is a chord, this is another, this is a third. Now form a band»).
Il fallait une technique, une façon de poser sa voix et ses mots sur un rythme. Il fallait également une écriture. Et n’en déplaise à Christophe Barbier, la coordination des deux est loin d’être simple et, même avec un talent inné, le succès ne se trouve que dans le travail acharné et l’expérience.
Récemment, en livrant un freestyle anthologique de dix minutes en direct de HOT 97, sans fausses notes et sans aucune interruption, Tariq Trotter alias Black Thought, le rappeur des Roots âgé de 46 ans –que les plus jeunes ne connaissent qu’en épisodique figure du Tonight Show de Jimmy Fallon– l’a démontré de la plus impressionnante des façons.
Juste avec beaucoup de sueurs et un flow de mots (2.102 exactement) où sont référencés pêle-mêle Socrate, Jules César, F. Scott Fitzgerald, Icona Pop, Henry Kissinger, Voltaire, Kim Kardashian, Apollo 11, Padma Lakshmi ou Hamlet. Des mots qui ne doivent leur salut qu’à l’expérience du rappeur, à sa culture et un art pratiqué, comme Landry, depuis ses quinze ans.
Un an auparavant, sur cette même radio HOT 97, le contraste était saisissant quand le très en vogue jeune rappeur de 22 ans, Lil Uzi Vert, lui aussi originaire de Philadelphie, refusait en direct de se lancer dans un freestyle sur une instru de DJ Premier, le mythique DJ/Producteur new-yorkais. «Je suis trop jeune. Je ne suis pas dans ce genre de sons», se défendait-il devant l'insistance du DJ.

Pas de compromis

En réécoutant Freez sur mon CD un peu poussiéreux de La Baraka, sorti en 2000, je mesurais justement son incroyable progression en terme de technique et d’écriture. Je mesurais aussi qu’il ne les avait jamais compromis. Jamais il n’avait trahi ce son sur lequel nous avions tant bougé la tête à 15 ans. Jamais il n’avait dilué ce son dans des guitares acoustiques. Jamais il n’avait tenté la trap, le slam ou le rap comique. Jamais il ne s’est inventé une réputation de gangster. Jamais il n’avait fait de consensus sur son écriture pour passer plus facilement chez Ruquier ou Drucker. Jamais il était devenu ce «poète urbain», ce «nouveau Brassens» qui aurait fait saliver Télérama.
C'est ce que disait déjà Lino, le légendaire rappeur d’Arsenik âgé de 41 ans et revenu en 2015 –après dix ans d’absence– avec un deuxième album solo qui ne reculait devant strictement rien et se hissait à la deuxième place du Top Albums dès la semaine de sa sortie, détrônant le beaucoup plus consensuel Black M:
«Je m'en fous que mon son ne plaise pas à la ménagère de moins de 50 ans. Si elle kiffe, tant mieux, mais j'ai pas cherché ça. J'ai conscience de ce que je fais et de la limite de ce que je fais. Si j'avais ouvert ma musique au max et que je plafonne, là ok, je pourrais être aigri genre “merde, j'ai fait toutes les concessions possibles, pourquoi ma musique passe pas?”. Mais là non, je fais ma musique comme moi j'ai envie de l'entendre. Ça passe ou ça casse.»
Pour la première fois de sa déjà longue carrière dans l’underground, Freez réussissait à être remarqué, à attirer l’attention d’une presse moins spécialisée qu’il n’arrivait pas à toucher auparavant. Elle était donc peut-être là la recette pour bien vieillir dans le rap: ne pas se compromettre, continuer à travailler avec passion et assumer –son âge, ses rides, son expérience, sa culture et d’être à contre-courant d’une jeunesse qui semble, en apparence, dicter la règle du jeu.
Seul coupable

«Je suis sûr qu’il y a un public pour un rap pur», me confiait-il, me faisant réaliser par la même occasion que j’avais tort. Si j’avais perdu foi dans le rap, ce n’était pas à cause d’une jeunesse dans laquelle je ne me reconnaissais pas mais à cause de mon propre manque de curiosité, celle-là même sur laquelle s’était bâtie notre amitié. J’étais en fait le seul coupable.
Quand Freez me disait «écouter tout ce qui se fait» et l’importance «d’être à jour», il me faisait réaliser que ces dix dernières années, je m’étais laissé berner par ce que les médias, en quête constante de jeunesse et de nouveautés, avaient bien voulu me faire avaler.
Je leur avais laissé la porte ouverte pour venir me vendre PNL, Gradur, Migos, Lil Uzi Vert et les autres comme les seules alternatives aux Sages Poètes de la Rue, Public Enemy, Mobb Deep et Method Man. J’avais arrêté d’être curieux. J’avais arrêté de chercher, de sonder. Comme ton vieux papy réac qui gueule sur les immigrés et les féministes, j’avais transposé mon refus de vieillir sur les autres.
Alors, ces derniers jours, j’ai cherché. J’ai écouté les conseils de Freez. Car comme disait JP Manova, un rappeur qui –malgré des débuts à l’orée des années 90– a lui aussi récemment sorti à 37 ans son premier album, 19h07:
«Si t'es saoulé par le rap de teenagers / Fatigué d'entendre piailler les bandes de yorkshires / Des rappeurs conscients qui t'font la leçon par cœur / Des gangsters foireux qui s'imaginent te faire peur / Je te propose un courant alternatif.»
S'il y en avait deux susceptibles de me faire retrouver l’amour de mes 15 ans, c'était bien ces deux-là. Je devais peut-être faire un peu plus d’efforts pour les trouver. Après tout, à 15 ans, sans Spotify, sans passages radio ou télé, j’y arrivais. Alors pourquoi pas à 39? Ils sont là. Ils existent. Car, jeunes ou vieux, comme le disait Nas, «All I need is one mic, one beat».
[Source : www.slate.fr]

Unes notes de Pla sobre la intel·ligència i la memòria

En una de les notes de Fer-se totes les il·lusions possibles i altres notes disperses, Pla escriu que «potser el que permet dir que un home és intel·ligent és la seva desconfiança. S’ha de desconfiar d’un mateix, dels altres (homes i dones), de tot plegat. No us deixeu mai enlluernar per les frases brillants. Ara, la desconfiança no s’ha de demostrar mai; és una posició particular i reservada». Tractant-se de Pla, és inevitable relacionar aquestes paraules amb un dels motius més repetits de la seua obra: la necessitat de conservar el sentit del ridícul. En el pla estrictament literari, la desconfiança representava per a Pla una actitud higiènica inexcusable davant el perill de caure de quatre potes en la pedanteria, en el verbalisme, en el dolorisme, en la vaguetat… 

Cal desconfiar també, diu, de nosaltres mateixos. Recorde ara aquell aforisme de Fuster: «no et refies de la teua consciència. Tendirà a donar-te la raó». L’observació, però, s’hauria de matisar una mica. Gairebé sempre, la consciència només enganya a qui vol enganyar-se o a qui es deixa enganyar. Si més no, a partir d’una certa edat. Un altre aspecte d’aquesta qüestió és que, sovint, l’engany o l’error no procedeix tant de la consciència com dels nostres records, sobretot dels records de les nostres experiències personals. I no sols perquè siguen falsos o inexactes, sinó perquè poden ser injustos. De vegades, recordem fets de la nostra vida amb recança, o amb vergonya. Ens lamentem d’haver fet allò o, més habitualment, de no haver-ho fet, però oblidem que en aquell moment no podríem haver actuat, segurament, d’una altra manera. Tots som molt lúcids a posteriori. Relació entre la consciència i el record. No què sé de mi, sinó, més modestament, què recorde de mi. 

Pel que fa als records falsos, o erronis, no són conseqüència, només, de la mala memòria, sinó de la nostra falta d’atenció i d’intel·ligència en un determinat moment de la nostra vida. Simplement, el record reflecteix fidelment el nostre error o inadvertència d’aquell moment, i la nostra memòria l’arrossega així. Stendhal cita sovint en la seua correspondència Antoine Destutt de Tracy (1754-1836), un filòsof francès de la Il·lustració, avui pràcticament oblidat, que el va influir molt. En una carta a la seua germana, Pauline Beyle, Stendhal cita aquesta observació de Tracy: «la cause de nos erreurs est dans l’imperfection de nos souvenirs». 

En una altra nota de Fer-se totes les il·lusions possibles i altres notes disperses s’hi pot llegir aquesta observació sobre la memòria, plena de melancolia: «les sensacions petites, corrents, habituals, les que constitueixen la trama de la vida, es desfan i s’obliden amb una impressionant facilitat. De l’anar tirant de la seva vida, ningú en recorda absolutament res o ho recorda vagament, d’una manera confosa, inexplicable i incerta. Aquesta confusió és desagradable i molesta. Les úniques sensacions que es recorden són les més fortes —les fortíssimes. Però com que aquestes són molt rares —raríssimes— la vida dels homes i de les dones es produeix enmig d’una buidor de vegades engavanyadora, generalment pacífica».

Una altra nota encara, molt breu, del mateix llibre de Pla —«en general, la intel·ligència és una forma acusada de la memòria»— me n’ha recordat aquesta altra de les Notes disperses (OC, 12): «la vitalitat és la clau de tot. Si jo en tingués de sobres, estic segur que amb una ploma a la mà potser faria alguna cosa. La vitalitat és més important que la intel·ligència. La forma més alta de la vitalitat intel·lectual és probablement la memòria».

Hi ha una memòria del cos, una memòria facial, de mots, visual, auditiva, etc. Hi ha una memòria rancuniosa, com n’hi ha una de caritativa o distreta —desmemoriada. La memòria com un malson. Els records inquiets, mig esborrats, només capaços d’apuntar a un buit que la memòria no pot omplir. L’oblit com a forma profunda de la memòria. 

Publicat per Enric Iborra

[Font: laserpblanca.blogspot.com]

El Museo del Prado estrena el documental “El espíritu de la pintura” dirigido por Isabel Coixet


El Museo del Prado estrena un documental, producido por Miss Wasabi Films para el Prado con el patrocinio de Samsung The Frame y la participación de Movistar+, que trasladará al espectador al viaje de creación y su magnético proceso de producción de obra del artista Cai Guo-Qiang para la exposición “El espíritu de la pintura. Cai Guo-Qiang en el Prado”, que podrá visitarse en el Prado hasta el 4 de marzo con el patrocinio de ACCIONA.
Esta película, que documenta el intercambio del artista con el espíritu y la espiritualidad de Greco y su diálogo con los maestros del Prado, se estrenará en Movistar Xtra el próximo lunes 29 de enero a las 22.00 h. y estará disponible en DVD a partir del mes de febrero.
“¿Los espíritus de los grandes maestros surgirán de la nada para crear conmigo?”, esta es la pregunta que se formula Cai al acometer este proyecto expositivo y cuya respuesta Isabel Coixet, una de las directoras cinematográficas españolas más internacionales, recrea en el documental El espíritu de la pintura.
Este largometraje documental de cincuenta minutos, rodado en 4K y producido por Miss Wasabi Films para el Museo del Prado, permitirá que el espectador presencie el proceso de gestación y creación de este proyecto expositivo del Prado para convertirse en testigo privilegiado del diálogo que Cai Guo-Qiang mantiene con los grandes maestros de su colección, a través de la mirada personal de Isabel Coixet.
En un tono intimista y emotivo, a través de la voz en off del artista, el espectador escuchará sus pensamientos, investigaciones y experimentaciones con la pólvora en su pintura. Entenderá cómo Cai plasma el pasado en el presente reinterpretando ambos. Sentirá la estrecha relación entre la espiritualidad y el arte. Se emocionará, a través de las imágenes, con la pureza de los colores, el olor de la pólvora, los detalles de cada pintura, la sensualidad de las explosiones incontrolables y la belleza y la conmoción que trasmite el momento mágico de finalización de una obra hasta traspasar la pantalla. Todos los secretos de una obra y su creador.
Rodado en diferentes localizaciones entre Nueva York y Madrid y con música original de Remate, este largometraje cuenta con el patrocinio de Samsung The Frame, que en el modo Arte de la galería digital del televisor The Frame ofrece seis obras de la exposición “El espíritu de la pintura. Cai Gio-Qiang en el Prado” que se suman a la selección de la colección permanente, Museo del Prado Collection. El documental El espíritu de la pintura, en versión original subtitulado en español, se estrenará el próximo 29 de enero a las 22.00 h. en Movistar Xtra y a partir del mes de febrero estará disponible en DVD. Una versión corta, de 20 minutos, de este documental forma parte de la exposición en el Prado y se proyecta en la sala D del edificio Jerónimos.
“Admiro a Cai desde hace muchísimo tiempo. La espectacularidad y magnificente belleza de sus obras deja boquiabierto a medio mundo, a mí incluida, pero su talento no termina en usar una técnica propia y estrechamente conectada con su pasado cultural. Va mucho más allá. Es como si la inundación que hace en el cielo de colores, fuego y resto de pólvora le conectan con algo elevado, místico y claramente único. Acompañar en este nuevo viaje a Cai en la investigación de los maestros en el Prado me hace muchísima ilusión y constituye un reto para los dos.
En este proceso quiero plasmar las vicisitudes del proceso creativo, de volver a los referentes, de seguir aprendiendo, probando, experimentando. De riesgo. De evolución artística al fin y al cabo, y por ello de una gran complejidad emocional. Me encanta tener la oportunidad de poder retratar este proceso, de colarme en la intimidad y los momentos de inspiración de un artista que admiro, y de poder espiar sentados en una mesa charlando a Cai Guo-Qiang con Velázquez, Rubens, el Greco o Goya.”
Isabel Coixet
“En 2009 vine al Prado para ver las obras del Greco. La colección del Prado me impresionó y quedé desbordado con las pinturas de los grandes maestros a los que admiré mientras crecía, entre ellos Velázquez. En 2014 volví al Prado y tuve el placer de ver la exposición “El Greco y la pintura moderna” en la conmemoración del 400 aniversario de su muerte. Me conmoví profundamente ese día: el arte del pasado no está simplemente confinado a los libros de texto. Todavía puede establecer nuevas relaciones con artistas contemporáneos y convertirse en un motor principal para impulsar la creación de la cultura hoy en día. Así que llevar a cabo una exposición en el Prado para entablar diálogos con estos maestros se convirtió en mi sueño.”
Cai Guo-Qiang
Fotogramas del documental “El espíritu de la pintura” © Miss Wasabi Films
Isabel Coixet y Cai Guo-Qiang en el estudio del artista en New Jersey, USA. Mayo 2017 ©Stephanie Yang Chen 



[Fuente: www.revistadearte.com]

Meyer Habib: « Le démantèlement du Département d’études juives et hébraïques de Paris VIII s’apparente à un boycott d’Israël ! »


Voici le post sur son compte facebook, qui exprime sa colère, notre colère, face à cette mise en pièces du Département d’études juives.



« Le 16 janvier, j’ai écrit à la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal – avec copie au président de la République et de la présidente de la Région Île-de-France – pour qu’elle prenne des mesures d’urgence afin de sauver le Département d’études juives et hébraïques de l’Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis.

Créé en 1969, ce département de renommée internationale fait l’objet d’un démantèlement systématique depuis 2014. Je m’étais entretenu il y a 4 ans déjà avec la présidente, qui m’avait assuré qu’« aucune décision n’était prise ». Paroles, paroles…
Depuis, le cycle de licence a été fermé, le budget de la recherche sacrifié, 60% des postes d’enseignants supprimés, les thèses sur l’État d’Israël rejetées…
Quelle politique absurde alors qu’Israël s’impose comme un partenaire essentiel dans des domaines stratégiques, comme le numérique, la cyber-sécurité ou la lutte contre le terrorisme !
Je l’ai dit à la ministre : la réalité est que ce démantèlement s’apparente à une politique de boycott d’Israël dans une université, qui est depuis des années le théâtre d’un violent activisme anti-israélien, notamment de la campagne BDS.
On se souvient que le 14 mars 2014, une dizaine d’étudiants israéliens francophones, venus dialoguer avec des étudiants de l’université Paris-VIII se sont faits insulter et bousculer par des militants anti-israéliens du Collectif « Palestine Paris 8 ».
Par-delà l’aspect académique, cette politique détruit un symbole. D’abord, celui d’une France, terre d’études hébraïques depuis Rachi de Troyes et la disparition d’un espace de paix et de dialogue au cœur de ce « 9-3 », déserté par les Français juifs sous l’effet conjugué de l’explosion de la délinquance, de la montée de l’islamisme et de la haine d’Israël.
Je vous tiendrai au courant des suites.
Ci-après ma lettre.  »


[Source : www.europe-israel.org]